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Histoires et Lieux d'Alsace

Les CELTES

Les CELTES
Les CELTES

           Il y a 4000 ans, remontant la vallée du Danube, un peuple de nomades chasseurs et éleveurs migre vers l’ouest et atteint le Rhin qu’ils appellent Reno.

           Ces hommes apportent avec eux de grandes épées en bronze, des chevaux avec harnais en cuir, des chars. Ils sont éblouis devant la beauté et l’immensité de la plaine qui s’offrent à leurs yeux. Ils se rendent compte que la plaine renferme d’excellents sols de loess idéals pour l’agriculture et espérent en finir avec leur vie de migrants.

              La plaine est protégée à l’est par les sommets de la « Forêt Noire » et à l’ouest par ceux des « Vosges » qui se sont affaissés en leur milieu avant l’ère quaternaire, ouvrant ainsi le passage à un fleuve impétueux : idéal pour se protéger d'éventuels "prédateurs".

           Les Celtes sont un peuple “indo-européen” originaire d'asie centrale et installés en Russie méridionale. Ils sont plutôt grands, blonds ou roux aux yeux bleus. Ils se teignent les cheveux à la chaux et se laissent pousser de grandes moustaches. Ils ne mangent que de la viande et dorment sur la paille. Ils n’ont pas de monnaies mais leurs richesses sont l’or et les troupeaux qu’ils emmènent partout avec eux. Lorsqu’ils se sédentarisent, ils construisent des habitats en bois au toit de chaume, des forts au croisement des routes ou sur les collines. D’autres tribus vont coloniser l’Allemagne, la « Gaule » et l’Espagne, et même les îles britanniques. Ils s’installent surtout le long des fleuves et rivières, voies de communications naturelles. Ils introduisent d’abord le bronze (-1500 avant J.C.) puis le fer (- 700 avant.J.C.) ce qui permet de grands progrès et l’amélioration de leur niveau de vie.

         Les Celtes n’ont pas de culture écrite ; mais les fouilles archéologiques ont permis de saisir les différences de mode de vie entre les « chefs-guerriers » (qui se font enterrer avec tous leurs bijoux en or, ambre, ou bronze, leurs armes et chars et les agriculteurs, éleveurs ou artisans (qui ne laissèrent pas de trace). Les commerçants font le commerce du sel, de l’huile ou du vin. Une troisième catégorie regroupant les serviteurs (qui ont perdu leur statut suite à une faute) et les esclaves (prisonniers) s’occupent des tâches domestiques.

        C’est le druide qui est le plus haut personnage. Il est l’intermédiaire entre les dieux et les hommes. Il est choisi entre les meilleurs prêtres qui s’initient et se transmettent le savoir, les activités intellectuelles et religieuses et ne doit posséder aucun défaut, ni physique, ni intellectuel. Son bras droit est le roi, élu par les guerriers comme étant le plus apte à protéger le clan et le culte de l’abondance. Cette doctrine, héritée des anciens et de l’observation de la nature, repose sur la conviction que l’homme ne doit prélever les fruits donnés par la nature que selon des rites codifiés.

      Toute la culture celtique est imprégnée de leur appartenance à la nature vivante et le druide est le guide suprême qui définit les règles pour perpétuer le cycle sacré ainsi que son harmonie et son mouvement perpétuel. Le pouvoir est provisoire, vivant et alterné, jamais donné à une seule personne ! 

        Avant la découverte du fer, les hommes étaient heureux. Le statut social était plus associé aux vertus, capacités physiques et intellectuelles qu’à la naissance ou la lignée. Ainsi, l’ambition de chaque homme était de devenir un guerrier fort et beau apte à défendre l’intérêt général, l’honneur et l’idéologie du groupe. Ils n’avaient pas peur de la mort puisque celle-ci était la façon la plus honorable de passer au « cycle supérieur ». Ils croient que l’âme ne meurt jamais mais passe dans un autre corps ce qui explique leur courage à la guerre qu’ils ne recherchent pas pour le plaisir de la faire.

       Chez les Celtes, un homme ou une femme est riche s’il est libre et autonome. D’où l’importance du couple où l’homme et la femme se complètent et œuvrent ensemble à leur prospérité et à leur destin ; la terre est composée du yin et du yang ; l'eau (la femme) et le feu (l’homme) la composent, leur association lui donne la vie.

         Les femmes ont autant d’importance dans la société celtique et les mêmes droits que les hommes. Certaines dirigent des guerriers sur les champs de bataille. Elles peuvent hériter, jouir de leurs biens et exercer une profession. Le mariage forge les liens fondamentaux de la famille. Un mariage implique la création d’un capital par le paiement d’une dot (en espèces) par la famille de l’épouse et la mise à disposition d’une somme équivalente en biens par la famille du marié. Un homme peut avoir plusieurs femmes mais l’une d’elles est toujours la dominante qui veille à l’organisation du foyer. Les Celtes croient en la réincarnation ce qui est la base de tous les rapports sociaux et crée leur détachement par rapport à la mort.

            La vie est organisée dans un sens collectif de continuité et de gestion des ressources communes. Les tâches domestiques étaient attribuées aux femmes (non par sexisme) mais par raison, résultat du partage des rôles. Les femmes veillent et instruisent les enfants jusqu’à l’âge de 8 ans. Ils sont ensuite pris en charge et éduqués par les hommes pour apprendre leur métier d’homme. Les Celtes vivent en famille toutes générations confondues et en toute autonomie. Elles vivent de ce qu’elles produisent et du troc entre les hameaux ou villages.

           Les Celtes se sédentarisent progressivement, deviennent de bons laboureurs et produisent des céréales (blé, orge). Ils ont inventé le tonneau de vin, ou la première machine à moissonner à roues ! Ceux que Jules César appellera plus tard les Gaulois sont aussi d’excellents artisans et exploitent de nombreuses mines (fer, or, cuivre, argent) ce qui va hautement intéresser les romains. Ce sont de bons vivants qui aiment les banquets copieux et bien arrosés. 

          La découverte du fer va modifier à jamais les rapports entre les hommes. Ceux qui possèdent une arme créent une caste basée sur la possession et la subornation d’autres hommes. En forgeant le fer, les hommes forgent aussi leurs chaînes.

C’est cette passion du fer et de l’or qui va sceller le destin des Celtes. En effet, l’organisation sociale basée sur l’élection de chefs de guerre les plus méritants va progressivement dévier vers une folle logique d’aliénation :  la « loi du don ». Les chefs celtes distribuent l’or et les richesses ramassés lors de leurs campagnes à un maximum de personnes qui deviennent ainsi leurs débiteurs. Leur culture et le sens supérieur de l’honneur obligent ensuite ceux qui ont reçu à offrir en retour une somme encore plus importante en valeurs précieuses qu’il fallait aller chercher sur un autre champ de bataille. Les chefs créent ainsi la « loi de la dette » ! Cette « course au don et à la dette » va complètement déséquilibrer les rapports sociaux. Ceux qui ne peuvient offrir en retour des présents encore plus somptueux, perdent leur honneur et leur âme. Ils doivent offrir leur vie soit sur le champ de bataille soit par suicide ou sacrifice lors de rituel religieux car tout cela est régit par les dieux.

Le philosophe grec Poseidonios ( 135 av.JC – 51 av.JC)  a relaté une scène incroyable : « Un homme, un guerrier, reçoit lors d’une assemblée officielle dans un théâtre de nombreux cadeaux : de l’or, de l’argent, des récipients remplis de vin … L’assemblée atteste solennellement la donation. L’homme distribue alors ces biens somptueux à ses proches et amis. Il fait un petit discours et s’allonge sur le dos sur son grand bouclier. Un de ses « amis » s’approche avec la grande épée qu’il vient de recevoir et, d’un coup, lui tranche la gorge à l’endroit où le cou se joint à la poitrine ! ». Ce rituel sanglant déconcerte complètement les grecs et les romains témoins de ces scènes. Ce faisant ce guerrier a éteint la dette qui le reliait et libérait ainsi ses proches de son remboursement.

Une autre manière d’éteindre la dette était d’offrir sa vie sur un champ de bataille car les Celtes étaient convaincus qu’il y avait une autre vie ailleurs. Les Grecs et les Romains étaient terrifiés par ces hommes qui ont fait de terribles incursions à de maintes reprises au cours du millénaire avant J.C. La Gaule « celtique » était une terre inconnue des grecs et des Romains où il était bien imprudent de s’aventurer. Les Celtes ou Gaulois voyagent en groupes imposants de cent mille ou deux-cent mille hommes qui terrorisent les populations qu’ils viennent piller. En 380 avant Jésus-Christ, plus de cent mille Celtes se jettent sur Rome et pillent la ville. Ils reviendront plusieurs fois. En – 279, 150 000 autres Celtes s’attaquent à la Grèce qui est terrorisée ; ils pillent les trésors du sanctuaire de Delphes et massacrent les populations qu’ils trouvent sur leur chemin. Les grecs les appellent « Keltoi » ou « Galates ». En – 225, 50 000 fantassins « Galli »), combattant en chars, et 20 000 cavaliers déferlent encore sur l’Italie. Mails ils sont stoppés et défaits par les Romains à la bataille de Télamon. On ne les reverra plus ! Les Celtes se maintiennent alors en Gaule et en Europe du Nord.

Les Celtes n’attachent aucune importance à la vie ni à la valeur de choses quantitatives mais sont guidés par leurs désirs et plaisirs qualitatifs ainsi que par leur croyance de l’immortalité de l’âme. Leur obsession est de jouir du présent et de biens précieux qu’ils ne souhaitent d’ailleurs pas conserver ni capitaliser. Ils vont ainsi devenir addicts au vin qu’ils ne connaissent pas et dont ils adorent s’enivrer. Les grecs, en créant le comptoir à Marseille, vont venir, en premier, profiter de cette « naïveté » et échanger leur vin contre de l’or, argent ou autres. Les Romains vont bientôt suivre cette source d’enrichissement invraisemblable qui va ruiner le système « Gaulois ».

Les « chefs de guerre » des différents peuples vont ensuite se faire la guerre entre eux pour préserver leurs territoires et leurs richesses. Les romains vont bientôt cueillir la Gaule comme un fruit mûr.

      En Alsace, les Séquanes se sont installés dans l’actuel Sundgau (haut-rhin), les Médiomatriques et les Triboques se partagent le nord de la plaine (Bas-Rhin). Contrairement à ce qu’a affirmé Jules César dans son « livre des Gaules », les Gaulois n’étaient pas un peuple d’arriérés « indisciplinés et belliqueux » même si au combat, ils étaient particulièrement cruels. Ils rapportaient tout de même les têtes des morts qu’ils accrochaient aux portes de leurs maisons. !

         Ils se battent régulièrement entre eux pour leurs territoires mais, en 58 avant Jésus-Christ, leur vie va changer ....

 

Pour approfondir la civilisation celtique, vous pouvez consulter les deux sites ci-dessous :

https://jfbradu.free.fr/celtes/les-celtes/presentation-celtes.php3

Char funéraire Celte VII ème siècle avant JC - JFPradi.free.fr

Char funéraire Celte VII ème siècle avant JC - JFPradi.free.fr

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